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samedi 25 octobre 2014

SPICILÈGE (CAHIERS MARCEL SCHWOB) N° 7 - OCTOBRE 2014

N° 7 - Octobre 2014
[Date de publication : Octobre 2014 - Couverture : Imprimée en noir sur papier blanc (Titre, Sous-Titre, Numéro, Date, Illustration en noir couvrant le dos) - 2e de couverture : Sous-Titre, Mention de périodicité ("Publication annuelle de la Société Marcel Schwob"), Adresse, Directeur de la Publication, Rédaction, Comité de rédaction, Correspondants étrangers, Réalisation de la maquette, Vente au numéro, ISSN - 3e de couverture : Société Marcel Schwob (Site, Fondation, But, Conseil d’Administration, Adhésion) - 4e de couverture : Suite de l'illustration, signature autographe de Marcel Schwob - Page [1] : muette - Page [2] : muette - Page [3] : Faux-Titre (Titre, Sous-Titre, Numéro, Illustration représentant une main tenant un livre ouvert, Année, Éditeur [Édités par la Société Marcel Schwob], Paris) - Page [4] : muette - Page [82] : muette - Page [128] : muette Pages [150] : muette - Pages [179] : Contributeurs - Pages 180-181 : Table des Matières - Page [182] : Achevé d'imprimer, Imprimeur - Pagination : 182 pages]
Sommaire
Bruno Fabre : Éditorial, article [en épigraphe, citation des Invectives de Paul Verlaine : "Schwob, "la Terreur future", elle existe, très cher, / Plus que dans votre livre, excessive et superbe, / Tuant l'humanité comme on fauche de l'herbe / Par la misère et par la flamme et par le fer."] (p. 5-7)
Robert Ziegler : Au pays du miroir : les fictions de fuite de Marcel Schwob, article [en regard de la première page de l'article, reproduction de la une du Gil Blas illustré du 5 mars 1893 illustrée par Steinlen, "Les Milésiennes" (p. 8) - Traduction : Caroline Campot et Agnès Lhermitte - en regard de la dernière page de l'article, détail de l'illustration précédente (p. [25])] (p. 9-24)
Ricardo Godoy : Dessin [daté "2014"] (p. [26])
DOSSIER LA LÉGENDE DES GUEUX
(p. [27]-81)
Édith Perry : Le gueux dans tous ses états, article [en regard de la première page de l'article, reproduction d'un détail de "Le Loup" de Théophile-Alexandre Steinlen paru en une du Gil Blas illustré du 13 novembre 1892 (p. [28]), et reproduction de la une en cul-de-lampe (p. 39)] (p. 29-39)
Takeshi Matsumura : Les premiers contes de Marcel Schwob et la lexicographie, article [en regard de l'article, reproduction de la couverture du Dictionnaire de l'Argot par MM. Jules Lermina et Henri Levêque (p. [40]) - en regard de la dernière page de l'article, reproduction de la couverture du Dictionnaire historique, étymologique et anecdotique de l'Argot parisien (p. [51])] (p. 41-50)
Bruno Fabre : "Fanchon-la-Poupée" et la chanson poissarde, article [en regard de la première page de l'article, reproduction de "Fanchon-la-Poupée" de Théophile-Alexandre Steinlen en une du Gil Blas illustré du 3 août 1890 (p. [52])] (p. 53-65)
Agnès Lhermitte : Marcel Schwob, "écrivain breton" ?, article [en regard de la première page de l'article, cartes de "La Bretagne de Marcel Schwob" (p. [66]) - nombreuses illustrations dans le texte - suivi d'une bibliographie des "Contes de Marcel Schwob situés (plus ou moins) en Bretagne"] (p. 67-81)
RÉSONANCES AUTOUR DES PREMIERS CONTES
(p. [83]-[127])
Bruno Fabre : Quatre contes de Marcel Schwob illustrés par T.-A. Steinlen, article [en regard de la première page de l'article, reproduction de "Fleur de Cinq-pierres" de Steinlen en une du Gil Blas illustré du 24 juillet 1892 (p. [84]) - en pied d'article, reproduction d'une carte autographe de Steinlen conservée dans le Fonds Schwob de la Bibliothèque de la Ville de Nantes] (p. 85-89)
Agnès Lhermitte : Deux épigones d'un Marcel Schwob "breton" : Claude Cahun et Eugène Montfort, article ["Claude Cahun : Vues et visions (1914-1919)" - (p. 91-95) suivi de "La Forêt du Gâvre" par Lucy Schwob (p. 96-98) ; "Eugène Montfort : Un cœur vierge (1920)" - (p. 101-103) ; en regard de la première page de l'article, reproduction d'une photographie de la "Maison de Maurice Schwob, Quai de la Petite Chambre, Le Croisic" (p. [90]) - illustrations dans et hors texte] (p. 91-103)
Bruno Fabre : Une lettre retrouvée de Marcel Schwob à Eugène Montfort, présentation [en regard, reproduction du portrait d'Eugène Montfort par Charles Camoin] (p. [92])
Marcel Schwob : Lettre à Eugène Montfort, lettre [datée "Paris dimanche 5 avril 1903" - en regard de la lettre, reproduction du portrait d'Eugène Montfort par Raoul Dufy (p. [107])] (p. 106)
Gisèle Vanhese Des contes de Marcel Schwob à Biserica Neagra (1971) d'Anatol E. Baconsky, article [en regard de la première page de l'article, reproduction de Guerre civile (1871) d’Édouard Manet (p. [108])] (p. 109-126)
DOCUMENTS
(p. [129]-[149])
Agnès Lhermitte : Les brouillons de "Crève-cœur", article [en regard de la première page de l'article, reproduction de "A Montrouge" de Steinlen, étude pour la couverture du Gil Blas illustré (p. [130]) - suivi des trois versions de "Crève-cœur" : deux premières versions manuscrites avec reproduction des manuscrits, et version publiée dans L’Écho de Paris du 3 novembre 1889] (p. 131-139)
Cyril Bongers : Autour d'une dédicace de La Croisade des enfants de Gabriel Pierné, article [en regard de la première page de l'article, reproduction du faux-titre de La Croisade des Enfants de Gabriel Pierné avec la dédicace (p. [140]) - en regard de la dernière page de l'article, reproduction de la couverture de la partition (p. [149])] (p. 141-148)
CORRESPONDANCE
(p. [151]-171) 
Bruno Fabre : Sept lettres inédites de Maurice Beaubourg à Marcel Schwob, présentation [en regard de la première page de l'article, reproduction de la couverture du tome Ier de la 5e année de La Grande Revue Paris et Saint-Pétersbourg (p. [152])] (p. 153-154)
Maurice Beaubourg : Lettres à Marcel Schwob, correspondance [sept lettres datées de 1891 à 1903] (p. 155-162)
Maurice Beaubourg : Annexe : Physionomies littéraires : Marcel Schwob (1891), article [extrait de La Grande Revue Paris et Saint-Pétersbourg, n° 27, 10 novembre 1891] (p. 163-165)
Bruno Fabre : Deux lettres inédites de Jean-Marc Bernard à Marcel Schwob au sujet des "pieds blancs" de Villon, présentation [en regard de la première page, portrait de François Villon (p. [166])] (p. 167-168)
Jean-Marc Bernard : Deux lettres à Marcel Schwob, lettres [datées "10.11.04" et "6.1.05" - et un extrait de "Villon et ses commentateurs" par J.-M. Bernard] (p. 168-171)
Ricardo Godoy : Dessin [daté "2014"] (p. [172])
A[gnès]. L[hermitte]., B[runo]. F[abre]. : Glanures [Éditions. - Marcel Schwob, Mimes, Paris, éd. Sillage, 2014 - signé B. F. (p. 173) ; François Villon, par R.-L. Stevenson, un logis pour la nuit / et Marcel Schwob, françois villon [sic], Paris, éd. marguerite waknine, coll. "livrets d'art", 2014 - signé A. L. (p. 173-174) ; Alexandre Gefen, Vies imaginaires dans la littérature française : une anthologie, Paris, Gallimard, "Folio classique", 2014 - signé A. L. (p. 174) ; Thèse. - Cédric de Guido, "Marcel Schwob : un journaliste de l'espèce rare", thèse soutenue le 6 février 2014 à l'Université Lumière-Lyon II, sous la direction d'Olivier Bara - signé A. L. (p. 175) ; Études. - Julien Schuh, Alfred Jarry, le colin-maillard cérébral, Paris, Honoré Champion, coll. "Romantisme et Modernités", 2014 - signé A. L. (p. 175-176) ; Alexia Kalantzis, "L'essai dans l'oeuvre de Remy de Gourmont et de Marcel Schwob : enjeux génériques et littéraires", Romantisme, "L'essai", Paris, Armand Colin, n° 164, 2e trim. 2014 - signé B. F. (p. 176-177) ; Divers. - La Porte des rêves dans la Bibliothèque numérique sur le "Livre Espace de Création" - signé B. F. (p. 177) ; Lecture publique de deux contes de Schwob ; Refondation du site www.marcel-schwob.org - signé A. L. (p. 178)], comptes rendus (p. 173-178)
*** Table des Matières (p. 180-181)
Document
"Éditorial"
Schwob, "la Terreur future", elle existe, très cher,
Plus que dans votre livre, excessive et superbe,
Tuant l’humanité comme on fauche de l’herbe
Par la misère et par la flamme et par le fer.
Paul Verlaine, Invectives
La Société Marcel Schwob a dix ans !
Fondée en 2004 dans le but de célébrer le centenaire de la disparition de l’écrivain par diverses manifestations (colloque de Cerisy-la-Salle en août 2005, exposition et journée d’études à Nantes en 2006) et publications (catalogue de l’exposition chez Gallimard, numéro spécial de la revue Europe en mai 2006, actes du colloque de Cerisy en 2007), elle publie depuis 2008 des Cahiers annuels auxquels collaborent chercheurs et artistes fervents de l’œuvre de Schwob. Après Vies imaginaires (Spicilège n° 2), La Croisade des enfants (Spicilège n° 3 et 4) et Le Livre de Monelle (Spicilège n° 5 et 6), une relecture des premiers contes s’imposait.
"Ces nouvelles sont toutes ou rares ou curieuses, d’un sentiment étrange, avec une sorte de magie de style et d’art. Cinq ou six […] sont en leur genre de vrais chefs-d’œuvre (1)." C’est par ces mots qu’Anatole France conclut l’article qu’il consacre à Marcel Schwob, à la publication de Cœur double chez Ollendorff en 1891. A vingt-quatre ans, le jeune auteur vient de publier son premier livre, composé de trente-quatre contes et nouvelles publiés antérieurement dans L’Écho de Paris, le Supplément de La Lanterne, ou Le Phare de la Loire. Ce recueil composite s’articule selon deux parties ("Cœur double" / "La Légende des gueux"), la première privilégiant les registres du fantastique et du merveilleux, la seconde un défilé d’infâmes et de misérables dans une veine sociale sublimée par un imaginaire et un art du récit très personnels. C’est à cette dernière partie de Cœur double que cette livraison de Spicilège s’intéresse, série de contes qui croise les titres de La Légende des siècles de Victor Hugo et de La Chanson des gueux de Jean Richepin, tout en proposant, à travers quelques fragments de vie d’individualités obscures, une Histoire de l’humanité calquée sur le sommaire des ouvrages de compilation qui égrènent les aventures des malfaiteurs à travers les siècles (2).
L’essai liminaire de ce Spicilège fait le lien entre les investigations sur Le Livre de Monelle et les premiers contes de l’auteur : à travers les thèmes du miroir et de l’enfance, de l’évasion et de la mort, Robert Ziegler investit le continuum imaginaire de l’auteur et nous plonge dans les profondeurs de la psyché schwobienne.
Le DOSSIER explore des voies peu empruntées jusqu’ici en se focalisant sur les contes mettant en scène la pègre et les marginaux qui hantent "La Légende des gueux". Édith Perry s’interroge sur la notion de gueux chez Schwob, à l’identité multiple et insaisissable, osant une lecture politique et morale de contes qui sollicitent l’éthique du lecteur. Takeshi Matsumura initie une réflexion lexicologique sur l’argot et la langue populaire qui affleurent dans certains contes, reflet des recherches philologiques de l’auteur et de son inclination pour les milieux populaires et criminels. Les renseignements très précis fournis par notre collègue japonais montrent la nécessité d’établir un jour une édition critique et scientifique de Cœur double, voire de l’œuvre complet de l’auteur. "Fanchon-la-Poupée" met en lumière l’intérêt de Schwob pour la chanson populaire et la littérature poissarde qui irriguent ce conte, à côté de la récriture des grands maîtres de la littérature en langue anglaise, Poe, Stevenson et Twain qui inspirent la plupart des contes fantastiques et humoristiques de Cœur double. "Ce Breton sait parler au besoin le plus pur argot parisien (3)", écrivait Anatole France. Alors que George Schwob s’offusquait de voir son fils pris pour un breton et non pour un sémite (4), Agnès Lhermitte enquête sur la place de la Bretagne dans la vie et les contes de Schwob et montre que le pittoresque régionaliste est souvent subordonné aux obsessions personnelles de l’auteur.
Les gueux de Paris et les grèves bretonnes chers à l’écrivain se déclinent dans des RÉSONANCES plastiques et livresques. À la découverte de quatre illustrations des contes de Schwob par Théophile-Alexandre Steinlen dans le Gil Blas illustré, succède l’évocation de deux livres, Vues et visions de Claude Cahun et Un cœur vierge d’Eugène Montfort, inspirés par la Bretagne aimée par Schwob. Un texte de jeunesse de Lucy Schwob et une lettre d’Eugène Montfort complètent ces prolongements de l’œuvre de l’écrivain "breton" au XXe siècle. L’influence de Schwob s’étend aussi à d’autres sphères culturelles : Gisèle Vanhese rapproche "La Terreur future", dernier conte de Cœur double, de Biserica neagră de l’écrivain roumain Anatol E. Baconsky.
En guise de DOCUMENTS, nous proposons la reproduction et la transcription de deux manuscrits autographes du début de "Crève-cœur" (Cœur double) qu’Agnès Lhermitte confronte au texte définitif. Cyril Bongers, spécialiste de Gabriel Pierné, nous gratifie de nouvelles analyses qui précisent celles qu’il a initiées dans Spicilège n° 4, suite à la découverte d’une dédicace autographe du compositeur de La Croisade des enfants à Luc-Olivier Merson.
Les amateurs de CORRESPONDANCE découvriront les lettres inédites de Maurice Beaubourg à Schwob, accompagnées d’un article critique de cet écrivain oublié. Son commentaire de Cœur double mérite d’être connu, autant que les articles de Jules Renard et d’Anatole France sur le premier recueil de l’auteur (5). Deux lettres inédites de Jean-Marc Bernard à Schwob au sujet des "pieds blancs" de Villon offrent un complément à la présentation du poème "Adieux à Monelle", publié dans la dernière livraison de Spicilège.
Comme chaque année, les GLANURES recensent les publications récentes concernant Marcel Schwob. Vous pouvez les retrouver aussi dans les Actualités du nouveau site de la Société Marcel Schwob (www.marcel-schwob.org) que je vous invite à redécouvrir.
Bruno FABRE
(1) Anatole France, "M. Marcel Schwob", La Vie littéraire, Calmann Lévy, 1892, p. 324.
(2) Voir notamment Histoire dramatique des brigands célèbres sur mer et sur terre, Truands, Tueur [sic], Bohémiens, Chauffeurs, Étouffeurs, Endormeurs, Empoisonneurs, Thugs ou étrangleurs de l'Inde, Barbets, Bandits, Pirates, Corsaires, etc., etc., etc., Paris, B. Renault éditeur, 1845, où l'on retrouve nombre de bandes dangereuses ou de malfrats auxquels Schwob a consacré un conte.
(3) Anatole France, art. cit., p. 324.
(4) Lettre de George Schwob à son fils, citée par Pierre Champion, Marcel Schwob et son temps, Paris, Grasset, 1927, p. 63.
(5) On peut les lire dans Marcel Schwob d'hier et d'aujourd'hui, textes réunis et présentés par Christian Berg et Yves Vadé, Seyssel, Champ Vallon, 2002.

jeudi 24 octobre 2013

SPICILÈGE (CAHIERS MARCEL SCHWOB) N° 6 - 2013

N° 6 - Octobre 2013
[Date de publication : Octobre 2013 - Couverture : Imprimée en noir sur papier blanc (Titre, Sous-Titre, Numéro, Date, Illustration en noir couvrant le dos) - 2e de couverture : Sous-Titre, Mention de périodicité ("Publication annuelle de la Société Marcel Schwob"), Adresse, Directeurs de la Publication, Comité de rédaction, Correspondants étrangers, Réalisation de la maquette, Vente au numéro, ISSN - 3e de couverture : Société Marcel Schwob (site, Fondation, But, Conseil d’Administration, Adhésion) - 4e de couverture : Suite de l'illustration, signature autographe de Marcel Schwob - Page [1] : muette - Page [2] : muette - Page [3] : Faux-Titre (Titre, Sous-Titre, Numéro, Illustration représentant une main tenant un livre ouvert, Année, Éditeur [Édites par la Société Marcel Schwob], Paris) - Page [8] : muette - Pages [61-62] : muettes - Page [132] : muette - Pages [148] : muette - Pages [176-177] : Contributeurs - Page [180] : Achevé d'imprimer, imprimeur - Pagination : 180 pages]
Sommaire
*** : Monelle et les Autres, dessin [illustration de la couverture du roman pour la jeunesse de Geneviève de Brisac, légendée comme suit : "La romancière Geneviève de Brisac, auteure d'une série de petits romans de jeunesse, Monelle et les baby-sitters (1992), Monelle et les footballeurs (2000) et Monelle et les autres (2002), écrit : "Le Livre de Monelle est très important pour moi (l'instant, l'enfance, la beauté, tout cela). Et Marcel Schwob est probablement un lointain cousin. Je devais me nommer Monelle, à ce que je sais, et j'ai toujours rêvé à cette petite fille double" (6 février 2012)."] (p. [4])
Agnès Lhermitte : Éditorial, article [en épigraphe, citation de Raymond Queneau : "Si tu t'imagines, fillette, fillette..."] (p. [5]-6)
DOSSIER LES SŒURS DE MONELLE
(p. [9]-60)
Léonor Fini : Illustrations pour Le Livre de Monelle, dessins (p. [10])
Émilie Yaouanq : L'art de l'esquisse et de la suggestion dans "Les Sœurs de Monelle", article (p. [11]-19)
Ricardo Godoy : "La Dame du miroir", dessin [daté "2012"] (p. [20])
Agnès Lhermitte : Les sœurs d'Ilsée, article (p. [21]-37)
Georges de Feure : "Bûchette", gravure sur bois [extrait de La Porte des rêves] (p. [38])
Jonathan Wenger : Des enfants verts aux filles de pitié : sur la réécriture schwobienne d'une anecdote médiévale, article [suivi d'une bibliographie (p. 49)] (p. [39]-49)
Ricardo Godoy : "La Rêveuse", dessin [daté "2012"] (p. [50])
Agnès Lhermitte : "La Rêveuse" et La Dernière Fée de Balzac, article (p. [51]-53)
Georges de Feure : "La Fille du moulin", gravure sur bois [extrait de La Porte des rêves] (p. [54])
Agnès Lhermitte : Trois réceptions critiques du Le Livre de Monelle : Arsène Alexandre (1894), Charles Keller (1894), Roger Judrin (1959), article [suivi de la retranscription des trois articles : voir ci-dessous] (p. [55]-56)
Arsène Alexandre : Chroniques d'aujourd'hui. Le Livre de Monelle, compte rendu (p. 56-58)
[Charles] K[eller]. : Le Livre de Monelle, par Marcel Schwob (Léon Chailley, éditeur), compte rendu [in "Nos Lectures", La Lorraine artiste, n° 31, Nancy, 29 juillet 1894] (p. 58-59)
Roger Judrin : Marcel Schwob : Le Livre de Monelle (Mercure de France), compte rendu [in "Notes", La Nouvelle revue française, octobre 1959] (p. 59-60)
RÉSONANCES AUTOUR DE MONELLE
(p. [63]-131)
Georges de Feure : "Bargette", gravure sur bois [extrait de La Porte des rêves] (p. [64])
Michel Suffran : Trois sœurs de Monelle, adaptation radiophonique [précédée la présentation suivante : "Dans Monelle la nuit de Marcel Schwob, son adaptation radiophonique réalisée en 1962, Michel Suffran récrit l'histoire de la quête de Monelle par le héros. La voix de Monelle disparue enjoint à ce "Passant", objectivation mythique du narrateur schwobien, de la chercher à travers le monde, et à travers ses sœurs. Leur dialogue, réparti en quatre séquences, encadre trois parties consacrées respectivement aux trois soeurs retenues dans la série originelle : "Bargette" ("La Déçue"), "Marjolaine" ("La Rêveuse") et "Ilsée" ("La Prédestinée"). La recréation de ces trois "sœurs de Monelle" est reproduite ici avec l'aimable autorisation de l'auteur." - deuxième, quatrième et sixième séquences] (p. [65]-91)
Hervé Duetthe et Rose Coogan : Les sœurs de Monelle, sculptures [datées "2009" - cliché H. Duetthe] (p. [92])
Hervé Duetthe, Rose Coogan : "Les soeurs de Monelle", hommage plastique à Marcel Schwob, article et entretien [précédé d'une présentation par Agnès Lhermitte - l'entretien avec Rose Coogan a été réalisé par Agnès Lhermitte - illustré (p. 94, 98, 99) de photographies des sculptures] (p. [93]-99)
E. Guibert et David B. : Le Capitaine écarlate, dessin [reproduction de la couverture de l'album (2000)] (p. [100])
Bruno Fabre : Le Livre de Monelle et la bande dessinée, article [illustré de vignettes (p. 102, 104, 107, 109, 111) et suivi d'une bibliographie (p. 111)] (p. [101]-111)
Mandragore : Petite flamme menteuse, dessin [reproduction de la couverture de l'album (2006)] (p. [112])
Mandragore : Marcel Schwob, article [suivi d'une vignette (p. [115])] (p. [113]-114)
Ricardo Godoy : Monelle, dessin [daté "2012"] (p. [116])
Bruno Fabre : Poème d'hier : "Adieux à Monelle" (1904) de Jean-Marc Bernard, article [suivi de la retranscription du poème : voir ci-dessous] (p. [117]-118)
Jean-Marc Bernard : Adieux à Monelle, poème en vers libres [Pour Louis Dumont - en épigraphe, citation du Livre de Monelle de Marcel Schwob : "Tu effaceras avec ton pied gauche la trace de ton pied droit." - daté "Valence, décembre 1904" - paru dans Revue littéraire de Paris et de Champagne, n° 25, avril 1905] (p. 118-119)
Ricardo Godoy : Monelle, dessin [daté "2012"] (p. [120])
Bruno Fabre : Poèmes d'ailleurs : Monelle dans la poésie espagnole contemporaine, anthologie [présentation et notice par Bruno Fabre - voir poètes ci-dessous] (p. [121]-131)
Eduardo Lizalde : Lamentacion por una perra / Monelle (p. 122) ; Otra vez Monelle [en épigraphe, citation du Marquis de Sade : "Un poco mas franceses y seréis republicanos."] (p. 122-123), poèmes (p. 122-123)
Leopoldo Maria Panero : Condesa morfina, poème (p. 124-126)
Luis Alberto de Cuenca : El Libro de Monelle, poème (p. 127-128)
Luis Benitez : A Marcel Schwob, poème (p. 129)
Ruth Llana : I. Dentro del corazon... [en épigraphe, citation du Livre de Monelle : "Monelle me trouva dans la plaine où j'errais et me prit par la main. - N'aie point de surprise, dit-elle, c'est moi et ce n'est pas moi ; Tu me retrouveras encore et tu me perdras."] ; II. Me es imposible amarla... [en épigraphe, citation du Livre de Monelle : "Et je regardai par la plaine et je vis se lever les sœurs de Monelle."] (p. 130) ; Un arbol te observa... (p. 131), poèmes (p. 130-131)
MŒURS DES DIURNALES
(p. [133]-147)
Émile Cohl : Couverture du catalogue des Arts incohérents, dessin [détail - daté "1893"] (p. [134])
Alain Chevrier : Sur la bibliothèque imaginaire de Marcel Schwob dans Mœurs des Diurnales, article (p. [135]-147)
DOCUMENTS
(p. [149]-171)
*** : Octave Uzanne, photographie (p. [150])
Bertrand Hugonnard-Roche : Octave Uzanne et Marcel Schwob : une relation sensible et bibliophilique, article [suivi d'annexes : voir ci-dessous] (p. [151]-159)
Octave Uzanne : "Hommes et choses : Marcel Schwob" [paru dans La Dépêche de Toulouse, 3 mars 1927, p. 1] (p. 160-163) ;  "Causeries : Les Diurnales - Essai sur les Défaillances du Journalisme" [extraits - paru dans La Dépêche de Toulouse, 19 septembre 1903, p. 1-2] (p. 164-165), articles (p. 160-165)
Georges de Feure : La Porte des rêves, gravure sur bois [page de titre de l'ouvrage (1898)] (p. [166])
Octave Uzanne : Cinq lettres à Marcel Schwob, lettres [transcription par Bruno Fabre - datées "Paris, ce 18 juillet 1895", "4 août 1895", "Paris, 26 février 1896", "Paris, 11 août 1897", "Paris, 14. XI. 97" - reproduction de la troisième et dernière lettres (p. 168 et 171)] (p. [167]-171)
A[gnès]. L[hermitte]., B[runo]. F[abre]. : Glanures [en regard de la première page, reproduction de "Les petites filles", gravure sur bois par Félix Vallotton, 1893 (p. [172]) - Marcel Schwob, La Croisade des enfants, suivi de Nouvelles de L’Écho de Paris, Angoulême, éditions Marguerite Waknine, "Les cahiers de curiosités", 2013 ; Marcel Schwob, La Estrella de madera, introduccion y traduccion de Luis Gonzales Platon, Madrid, Ediciones sequitur, 2009 - signé A. L. (p. [173]) ; Marcel Schwob, El libro de Monelle, traduccion y prologo de Luna Miguel, Madrid, Ediciones Demipage, 2012 - signé A. L. (p. 174) ; Christian Berg, L'automne des idées - Symbolisme et Décadence à la fin du XIXe siècle en France et en Belgique, Études réunies par Kathleen Gyssels, Sabine Hillen, Luc Rasson et Isa Van Acker, Louvain, Éditions Peeters, 2013 - signé A. L. (p. 174-175) ; Bruno Fabre, "Francis Jammes et Marcel Schwob : une affectueuse connivence", suivi de "Choix de lettres échangées entre Francis Jammes et Marcel Schwob", Cahiers Francis Jammes, n° 1, dir. Mikaël Lugan, Orthez, Association Francis Jammes, 2012 - signé A. L. (p. 175) ; Sylvie Ballestra-Puech, "Hybride et métamorphose. De l'Arachné ovidienne à la femme-araignée", in Ovide, figures de l'hybride. Illustrations littéraires et figurées de l'esthétique ovidienne à travers les âges, ét. réunies par Hélène Casanova-Robin, Paris, Champion, 2009 - signé B. F. (p. 175)], comptes rendus (p. [172]-175)
*** : Table des Matières (p. [178]-[179])
Document
"Éditorial"
Si tu t’imagines, fillette, fillette...
Raymond Queneau
Spicilège n° 5 explorait la figure de Monelle. Ce numéro le prolonge en s’attachant plus particulièrement aux "Sœurs de Monelle" qui "se lev[èrent]", dans la deuxième partie de l’ouvrage, et l’une après l’autre "s’embarqu[èr]ent sincèrement pour le pays des mensonges(1)". Ces "petites filles", noyau sériel qu’est venu ensuite enserrer l’histoire de Monelle pour constituer le triptyque définitif, semblent avoir été primitivement un projet en soi où Jules Renard voyait "un livre qui comptera" (lettre à Schwob du 8 janvier 1893). Annoncées par les héroïnes de certains contes antérieurs ("Fleur de Cinq pierres", "Maïe", "Cruchette"...), puis par les jeunes prostituées (Ann, Sonia…) des "Paroles de Monelle", les onze "enfantines" aux têtes farcies de contes s’égarent sous le signe d’une libido toute neuve, élémentaire et parfois perverse. Ces toutes petites femmes, entre Alice Lidell et Lolita, ont troublé bien des lecteurs et fait rêver bien des lectrices. Certaines, prenant Monelle comme "pseudo" sur la toile, reproduisent d’ailleurs l’identification ambiguë des sœurs à leur modèle, tandis que la jeune héroïne de Geneviève Brisac, dernier avatar bien positif cette fois, assure dans la littérature de jeunesse actuelle la survie du nom de Monelle.
Inaugurant le DOSSIER qui leur est consacré, Émilie Yaouanq analyse l’art de la suggestion dans cette série de récits intrinsèquement poétiques. Puis sont abordées certaines sources et/ou accointances de trois d’entre eux : "La Prédestinée" (Ilsée et bien d’autres Ilsées, du Romantisme allemand à nos jours), "La Rêveuse" et, grâce à l’érudition de Jonathan Wenger, "La Sauvage". Enfin trois articles critiques montrent, d’un siècle à l’autre, l’évolution de la réception du Livre de Monelle, et en particulier de sa partie centrale.
En RÉSONANCES, nous publions les variations que Michel Suffran propose, dans son adaptation radiophonique Monelle de la nuit, de trois des récits ("La Déçue", "La Rêveuse" et "La Prédestinée"). Deux sculpteurs, Hervé Duetthe et Rose Coogan, se sont associés pour ériger sept mystérieuses Sœurs de Monelle en hommage à une œuvre qui "inaugure la modernité en littérature". Si Le Livre de Monelle dans son ensemble a été peu illustré, les "Sœurs de Monelle" ont davantage inspiré les dessinateurs. Georges de Feure leur a consacré dans La Porte des rêves quelques planches qui les enferment dans des décors saturés de symbolisme. Soixante ans plus tard, Léonor Fini esquisse au contraire sur des pages blanches des silhouettes graciles, corps dénudés mais vides de chair d’ingénues impudiques. Plus récemment encore, Ricardo Godoy les croque avec un onirisme plus noir. Bruno Fabre montre que les auteurs de bandes dessinées ne sont pas en reste : Emmanuel Guibert adapte "La Voluptueuse" et, associé à David B., donne corps à Monelle dans une aventure fictive de Marcel Schwob, tandis que Mandragore joue, dans deux volumes inspirés par le Paris fin-de-siècle, sur cette figure mystérieuse. Monelle suscite enfin des échos divers chez les poètes : un poème de Jean-Marc Bernard prend dès 1904 le contre-pied du message de Monelle, alors que plusieurs poèmes de langue espagnole lui rendent hommage tout au long du siècle.
MŒURS DES DIURNALES : En décryptant les sous-entendus de la bibliothèque imaginaire bâtie par Schwob dans Mœurs des Diurnales, Alain Chevrier ouvre le chantier que mérite ce traité satirique rabelaisien encore trop peu étudié, et rappelle justement l’humour volontiers scatologique de l’auteur.
DOCUMENTS : Bertrand Hugonnard-Roche esquisse les relations entretenues par Marcel Schwob avec l’éditeur bibliophile Octave Uzanne. Son étude est complétée par les deux articles consacrés par Uzanne à Schwob, notamment à la parution de Mœurs des Diurnales, et par leur brève correspondance.
Pour finir, quelques GLANURES recensent les récentes publications concernant Marcel Schwob.
Agnès LHERMITTE
(1) Raymond Schwab, "Marcel Schwob, le maître au masque d'or", Mercure de France, vol. 81, 1er juillet 1910, p. 29.

mercredi 23 octobre 2013

SPICILÈGE (CAHIERS MARCEL SCHWOB) N° 5 - 2012

N° 5 - Novembre 2012
[Date de publication : Novembre 2012 - Couverture : Imprimée en noir sur papier blanc (Titre, Sous-Titre, Numéro, Date, Illustration en noir couvrant le dos) - 2e de couverture : Sous-Titre, Mention de périodicité ("Publication annuelle de la Société Marcel Schwob"), Adresse, Directeurs de la Publication, Comité de rédaction, Correspondants étrangers, Réalisation de la maquette, Vente au numéro, ISSN - 3e de couverture : Société Marcel Schwob (site, Fondation, But, Conseil d’Administration, Adhésion) - 4e de couverture : Suite de l'illustration, signature autographe de Marcel Schwob - Page [1] : muette - Page [2] : muette - Page [3] : Faux-Titre (Titre, Sous-Titre, Numéro, Illustration représentant une main tenant un livre ouvert, Année, Éditeur [Édites par la Société Marcel Schwob], Paris) - Page [7] : muette - Page [12] : muette - Page [91] : muette - Pages [103-104] : muettes - Page [131] : muette - Pages [137-138] : muettes - Page [155] : muette - Page [185] : muette - Page [189] : muette - Page [199] : muette - Pages [206-207] : Contributeurs - Page [210] : Achevé d'imprimer, imprimeur - Pagination : 210 pages]
Sommaire
Ricardo Godoy : Monelle, frontispice [daté "2012"] (p. [4])
Agnès Lhermitte : Éditorial, article [en épigraphe, citation de Pelléas et Mélisande de Maeterlinck : "Mélisande : La vérité... La vérité..."] (p. [5]-6)
Florence Delay : Vers le Royaume blanc, article [en regard de l'article, p. [8], reproduction de la couverture d'El libro de Monelle aux éditions Nostromo, légendée : "le visage pur bien que fardé d'une Mélisande qui regarde juste au-dessous du ciel." - chapeau précédant l'article : "L'article suivant, publié par Florence Delay le 20 mai 1976 dans Les Nouvelles littéraires, est reproduit avec l'aimable autorisation de son auteure." - en pied d'article, reproduction de la couverture de Le Livre de Monelle aux éditions du Livre de Poche, légendée : "un dessin de petite fille nue, yeux fermés, de Leonor Fini"] (p. [9]-11)
DOSSIER LE LIVRE DE MONELLE
(p. [13]-[102])
Jordi : Das Buch von Monelle, dessin [illustration de la couverture de l'édition allemande] (p. [14])
Agnès Lhermitte : Le Livre de Monelle : quelques éléments de génétique textuelle, article [avec reproduction de pages du brouillon du Livre de Monelle (p. 19, 21, 23) - en pied d'article, vignette extraite de Le Capitaine écarlate (2000) d'E. Guibert et David B.] (p. [15]-34)
Marcel Schwob : "Les petites prostituées", conte [annexe à l'article précédent : version de L’Écho de Paris, samedi 4 novembre 1893, p. 1-2 avec indications des suppressions et modifications apportées lors de la reprise en volume] (p. 35-37)
Ricardo Godoy : Monelle, dessin [daté "2012"] (p. [38])
Alexia Kalantzis : Le Livre de Monelle et ses enjeux génériques : proposition d'une lecture de l’œuvre comme recueil, article [en épigraphe, citation de Le IIe Livre des Masques de Remy de Gourmont : "Entre les différents écrits de M. Schwob, conte, histoire, analyse psychologique, je ne fais d'abord aucune distinction, afin de me conformer à sa méthode, à laquelle je crois."] (p. [39]-53)
Wilhelm von Gloeden : Fillette aux passiflores, dessin [daté "1890"] (p. [54])
Robert Ziegler : Deuil, création et souvenir dans Le Livre de Monelle, article [Adapté et traduit de l'américain par Agathe Salha - suivi d'une bibliographie (p. 75)] (p. 55-75)
E. Guibert et David B. : Le Capitaine écarlate, vignette [datée "2000"] (p. [76])
Valérie Michelet-Jacquod : Livre tombeau, livre berceau : poétique du deuil dans Le Livre de Monelle, article (p. [77]-90)
Bruno Fabre : Bibliographie sur Le Livre de Monelle, bibliographie [en regard de la première page de la bibliographie, reproduction (p. [92]) de la couverture d'El Libro de Monelle aux éditions longseller] (p. [93]-102)
DOCUMENTS
(p. [105]-136)
Ricardo Godoy : Monelle, dessin [daté "2000"] (p. [106])
Bruno Fabre : Louise-Vise : de la réalité à la fiction, article [suivi de lettres et extraits de lettres de Schwob à Mirbeau, W. G. C. Byvanck, Marguerite Moreno, du médecin de Jules Renard, de Louise-Vise, de Jean Lorrain, de Jules Renard, d’Édouard Julia, du père de Louise-Vise à Schwob ; et d'extraits du Journal de Jules Renard (p. 111-115)] (p. [107]-115)
Bruno Fabre : Correspondance autour du Livre de Monelle / Lettres reçues par Marcel Schwob, lettres [précédées d'une présentation par Bruno Fabre (p. [117]-118) - en regard de la première page de la présentation, reproduction (p. [116]) de la couverture de Le Livre de Monelle, chez Chailley (1894) - lettres de : Maurice Beaubourg (p. 119), Paul Claudel [datée "Boston, 12 juillet 1894"] (p. 119-120), Camille Claudel (p. 120), Colette, François Coppée [datée "La Fraizière, 11 juillet 1894"] (p. 121), Alphonse Daudet, Léon Daudet, Anatole France (p. 122), Stanislas de Guaita (p. 123), Maurice Maeterlinck, Stéphane Mallarmé [datée "Valvins, 17 octobre] (p. 124), Camille Mauclair [2 lettres] (p. 124-125), Pierre de Nolhac [datée "27 juin"], Max Nordau [datée "29 juin 1894"] (p. 126), Henri de Régnier [datée "juillet 1894"] (p. 126-127), Jules Renard [datée "29 juin 1894"] (p. 127-128), Georges Rodenbach (p. 128), Marcelle Tinayre [2 lettres] (p. 128-129), J. Weber (p. 129-130)] (p. [100])
Vincent Gogibu : Une critique de Marcel Schwob dans L'Occident, article [en regard de la première page de l'article, reproduction (p. [132]) de la couverture du n° de L'Occident] (p. [133]-134)
Raoul Narsy : Propos, article [reproduction de l'article paru dans le n° 25 de décembre 1903 de L'Occident, dont il est question ci-dessus] (p. 135-136)
RÉSONANCES
(p. [139]-198)
Bruno Fabre : "Des vers pour Monelle" : La Chambre blanche d'Henry Bataille, article [en regard de la première page de l'article, reproduction (p. [140]), du masque d'Henry Bataille, par Félix Vallotton, pour Le IIe Livre des Masques de Remy de Gourmont (1898)] (p. [141]-143)
Bruno Fabre : Tancrède de Léon-Paul Fargue et Le Livre de Monelle, article [en regard de la première page de l'article, reproduction (p. [144] du Tancrède, par Lucien Launay, pour la revue Pan (1895) - reproduction, dans le texte (p. 147, 149), de deux bois de Maurice Delcourt] (p. [145]-149)
Jean-Louis Meunier : La lettre et l'esprit : Maurice Delage et son adaptation mélodique d'un fragment du Livre de Monelle, article [en regard de la première page de l'article, reproduction (p. [150]) d'une pochette pour les mélodies de Maurice Delage] (p. [151]-154)
E. Guibert et David B. : Le Capitaine écarlate, vignette [datée "2000"] (p. [156])
Agnès Lhermitte : Monelle sur les ondes : deux adaptations radiophoniques, article (p. [157]-162)
Michel Suffran : Monelle de la nuit, adaptation radiophonique [en épigraphes, citations de Emily Dickinson : "Je suis personne ; qui es-tu ? / Es-tu personne, toi aussi ? / Nous sommes donc deux - n'en dis rien / On nous chasserait, tu le sais.", et de La Cocktail-party de T. S. Eliot : "Il ne sert certainement à rien de rester dans le noir, / A moins que l'on n'y reste assez longtemps pour débarrasser l'esprit / De l'illusion d'avoir jamais été dans la lumière." - retranscription des première et dernière séquences - en pied de texte, vignette d'E. Guibert et David B. pour Le Capitaine écarlate] (p. [163]-184)
Ricardo Godoy : La Voluptueuse, dessin [daté "2012"] (p. [186])
Agnès Lhermitte : Monelle au théâtre : l'adaptation de Zouzou Leyens, article (p. [187]-188)
Agnès Lhermitte : La Voix de Monelle, par Martin Moulin, article [en regard de la première et de la dernière pages de l'article, reproduction (p. [190], 193) d'une page de la partition de La Voix de Monelle (2001) de Martin Moulin] (p. [191]-192)
Stéphane Diemer : Vers un autre royaume, article [illustré (p. [194], 196, 198) de trois photographies de l'auteur] (p. [194]-198)
A[gnès]. L[hermitte]., B[runo]. F[abre]. : Glanures [en regard de la première page, reproduction de la couverture de Der Kinderkreuzzug aux éditions Elfenbein (p. [200]) - Marcel Schwob, Der Kinderkreuzzug, traduit par Arthur Seiffhart, postface de Gernot Krämer, Berlin, Elfenbein Verlag, 2012 - signé A. L. (p. [201]) ; The Book of Monelle, trans. with an aftermord by Kit Schluter, Cambridge, Wakefield Press, october 2012 - signé B. F. (p. [201]) ; Evanghélia Stead, La Chair du livre - Matérialité, imaginaire et poétique du livre fin-de-siècle, PUPS, coll. "Histoire de l'imprimé", 2012 - signé B. F. (p. [201]-202) ; Borges-Francia, dir. Magdalena Campora y Javier Roberto Gonzalez, Buenos Aires, Facultad de Filosofia y Letras, Universidad Catolica Argentina, Ed. Selectus SRL, 2011 - signé A. L. (p. 202-203) ; Alexia Kalantzis, Remy de Gourmont créateur de formes. Dépassement du genre littéraire et modernisme à l'aube du XXe siècle, Paris, Honoré Champion, coll. "Romantisme et modernités", n° 130, 2012 - signé A. L. (p. 203-204) ; David B. et Hervé Tanquerelle, Les Faux visages - Une vie imaginaire du Gang des Postiches, Paris, Futuropolis, 2012 - signé A. L. (p. 204)], comptes rendus (p. [201]-204)
E. Guibert et David B. : Le Capitaine écarlate, vignette [datée "2000"] (p. [205])
*** : Table des Matières (p. [208]-[209])
Document
"Éditorial"
MÉLISANDE
La vérité... La vérité...
Marcel Schwob, esthète amoureux d’une ouvrière, – c’est Monelle –, a pu prêter quelque trait à Swann : Il s’était tant attardé avec la jeune ouvrière avant d’aller chez les Verdurin. Et puis ce nom : Marcel Schw...
Et des heures de Samoa, il ne rapportait guère qu’un petit poème en prose […] qu’il a transcrit dans un cahier d’écolier : Dans ce temps, Mona était allongée sur le pont du navire... 
Ces deux anecdotes prêtent à sourire. La première, recueillie sur un disque rassemblant des mélodies "A la recherche du temps de Proust", est pour le moins hasardeuse. La seconde, due au biographe Pierre Champion, a été corrigée par Sylvain Goudemare qui nous invite, dans son édition de ce texte, à lire Maua et non "Mona". Mais toutes deux montrent combien, dans l’imaginaire des lecteurs, Marcel (Schwob) et Monelle restent indissociablement liés, prêts à rejoindre, dans une version poétique, d’autres couples littéraires mythiques, comme le souligne Simone de Beauvoir dans Le deuxième sexe. Concernant le personnage féminin, les sources biographiques s’avèrent pourtant bien décevantes : ni muse ni Galatée, ni artiste ni femme fatale, la pâle grisette ne sort de la clandestinité qu’à sa mort. Devenue objet de deuil et d’écriture, elle rejoint, sous les espèces vaporeuses d’une pythie enfantine, la cohorte des petites prostituées touchantes qui jalonnent le siècle.
Du Livre de Monelle continue à émaner le charme ténu et voilé d’une petite lampe visible de quelques passants initiés, voyants ou sensibles. Comme à l’époque, le mystère de ce livre fascine, irrite parfois ; il intrigue les chercheurs, inspire les artistes, suscite nombre de rééditions numériques ; il remplit les pages de ce cinquième Spicilège, sans que les articles en épuisent le sens, tant s’en faut. Ainsi, l’approche philosophique des "Paroles de Monelle" reste à faire sérieusement. Cependant, nous espérons, avec les contributions suivantes, enrichir la lecture de cet ouvrage. 
Le DOSSIER comprend quelques articles généraux : une présentation de Florence Delay, une analyse génétique fondée sur l’observation des manuscrits, brouillons et prépublications, une étude d’Alexia Kalantzis sur la poétique du recueil et deux lectures d’inspiration psychanalytique, dues respectivement à Valérie Michelet Jacquod et à Robert Ziegler, qui abordent la relation deuil / écriture. Enfin la BIBLIOGRAPHIE relative à cet ouvrage révèle l’intérêt qu’il a suscité à l’étranger comme en France, chez les lecteurs, les critiques et les artistes.
Quelques DOCUMENTS évoquent la jeune Louise (Vise), modèle réel et presque inconnu de Monelle. Ils sont réunis et analysés par Bruno Fabre, ainsi que l’abondante correspondance adressée à Marcel Schwob lors de la parution du Livre de Monelle. Vincent Gogibu présente une critique inédite due à Raoul Narsy.
Les RÉSONANCES montrent à la fois la fécondité du Livre de Monelle et sa grande plasticité générique. Depuis les contemporains de Schwob jusqu’à nos jours, des artistes en tous genres s’inspirent de la figure de Monelle – Breton (Nadja) et Leiris (Aurora), déjà – de la série des sœurs, du conte d’amour et de mort, des paroles sibyllines. La poésie d’Henry Bataille (La Chambre blanche) et de Léon-Paul Fargue (Tancrède) leur offre un premier écho mélancolique. Aux deux extrémités du siècle, deux compositeurs mettent en musique un passage choisi : Jean-Louis Meunier commente la mélodie que Maurice Delage a créée sur quelques phrases du narrateur de "De sa Patience", tandis que Martin Moulin a retenu trois phrases des "Paroles de Monelle" comme point de départ d’une œuvre pour soprano, chœur mixte et orchestre. Les discours, la stylisation, le rythme du livre sont porteurs d’une virtualité théâtrale mise en forme par des créations diverses : des pièces radiophoniques comme Monelle de la nuit, de Michel Suffran, ou des spectacles comme Monelle de la Belge Zouzou Leyens. Un photographe (Stéphane Diemer) suggère des correspondances entre l’univers fantasmatique de ses photographies et celui de Marcel Schwob. Et pour finir, nous remercions notre ami argentin Ricardo Godoy d’avoir composé pour ce numéro des dessins originaux consacrés au Livre de Monelle.
Agnès LHERMITTE
Signe de l'intérêt porté à cet ouvrage, le nombre des contributions qui nous sont parvenues sur Le Livre de Monelle nous a décidés à reporter au numéro 6 de Spicilège l'ensemble des articles consacrés plus spécifiquement aux "Sœurs de Monelle".

lundi 21 octobre 2013

SPICILÈGE (CAHIERS MARCEL SCHWOB) N° 4 - 2011

N° 4 - Novembre 2011
[Date de publication : Novembre 2011 - Couverture : Imprimée en noir sur papier blanc (Titre, Sous-Titre, Numéro, Date, Illustration en noir couvrant le dos) - 2e de couverture : Sous-Titre, Mention de périodicité ("Publication annuelle de la Société Marcel Schwob"), Adresse, Directeurs de la Publication, Comité de rédaction, Correspondants étrangers, Réalisation de la maquette, Vente au numéro, ISSN - 3e de couverture : Société Marcel Schwob (site, Fondation, But, Conseil d’Administration, Adhésion) - 4e de couverture : Suite de l'illustration, signature autographe de Marcel Schwob - Page [1] : muette - Page [2] : muette - Page [3] : Faux-Titre (Titre, Sous-Titre, Numéro, Illustration représentant une main tenant un livre ouvert, Année, Éditeur [Édites par la Société Marcel Schwob], Paris) - Page [8] : muette - Page [80] : muette - Page [148] : muette Page [169] : Contributeurs - Page [172] : Achevé d'imprimer, imprimeur - Pagination : 172 pages]
Sommaire
Wiltraup Jasper : Der Kinderkreuzzug - Eine Legende von Marcel Schwob, frontispice [illustration de couverture] (p. [4])
Agnès Lhermitte : Éditorial, article [en épigraphe, citation de Rimbaud : "Je rêvais croisades..."] (p. [5]-6)
Fronius : Der Kinderkreuzug, dessin [pour le frontispice de l'ouvrage, 1966] (p. [7])
DOSSIER MARCEL SCHWOB ET GABRIEL PIERNÉ
(p. [9]-[80])
Marcel Schwob, Gabriel Pierné : Correspondance inédite avec quelques autres lettres relatives à La Croisade des enfants, lettres [en regard de la première page de l'article, Gabriel Pierné à l'époque de La Croisade des enfants, photographie - correspondance établie par Agnès Lhermitte et Cyril Bongers et présentée par Agnès Lhermitte (p. [11]-12) - avec des lettres de Gabriel Nigond, Albert Carré, Georges Picard, Henry Simond, Édouard Colonne à Marcel Schwob, de ce dernier à Édouard Colonne, de G. Veyrat à Gabriel Pierné, de Pierné et Schwob au Gil Blas - en regard de la dernière page de la correspondance, reproduction de la couverture du "Programme de la légende musicale (1905)" (p. 59)] (p. 13-59)
Cyril Bongers : Gabriel Pierné et Marcel Schwob : itinéraires d'une collaboration interrompue, article [en regard de la première page de l'article, reproduction de la couverture du Supplément musical de l'Illustration (p. [60]) - illustré de reproductions de : page de la partition de la musique de scène d'Hamlet (p. 67), page de la partition de la musique de scène de Francesca da Rimini (p. 72), illustration de Norah Borges pour "Récit de trois petits enfants" in La Cruzada de los niños, 1949 (p. 79)] (p. [61]-79)
RÉSONANCES autour de La Croisade des enfants
(p. [81]-[148])
Mariana Baizan : La Cruzada de los niños, composition [inspirée par le "Récit du pape Innocent III" - daté 2007] (p. [82])
Agnès Lhermitte : De quelques-uns qui ont "rêvé croisades" des enfants, article [suivi d'une "Bibliographie des œuvres citées" (p. 97-99)] (p. [83]-99)
Fronius : Der Kinderkreuzug, dessin [pour illustrer le "Récit des trois petits enfants" - daté 1966] (p. [100])
Agnès Lhermitte : La croisade ouvrière de Georges Tornouël [citation in extenso du poème "La Croisade des enfants" de Georges Tornouël paru dans Vers et Prose, t. IX, mars-avril-mai 1907, aux pages 102-103 - précédé d'une présentation et d'une reproduction d'une carte postale "Fougères en grève. Les enfants partent pour Rennes. Une minute avant le départ" (p. [101]), et suivi de "Une légende contemporaine" par Agnès Lhermitte (p. 104-105)] (p. [101]-105)
Fronius : Der Kinderkreuzug, dessin [pour illustrer le "Récit de François Longuejoue, clerc" - daté 1966] (p. [106])
Agnès Lhermitte : Épopée musicale et filmique : La recréation de La Croisade des enfants par Sutermeister et Burckhardt, article (p. [107]-115)
Daragnès : La Croisade des enfants, bois gravé [illustration pour le "Récit de François Longuejoue, clerc" - daté 1930] (p. [116])
Agnès Lhermitte : L'imagier de La Croisade des enfants, article [illustré de reproductions de dessins de Daragnès pour "Récit du lépreux" (p. 118), "Récit du pape Grégoire IX" (p. 122), de Wiltraud Jasper pour "Récit du lépreux" (p. 119), "Récit du pape Grégoire IX" (p. 123), de Ricardo Godoy pour "Récit du lépreux" (p. 120), de Fronius pour "Récit du lépreux" (p. 121), "Récit du pape Grégoire IX" (p. 124), de Norah Borges pour "Récit du pape Grégoire IX" (p. 125), de Mariana Baizan pour "Récit du lépreux" (p. 127)] (p. [117]-127)
Bruno Fabre : Sur une édition espagnole de La Croisade des enfants, article [en regard de l'article, p. [128], reproduction de la couverture de ladite édition avec prologue de J.-L. Borges] (p. [129])
Fronius : Der Kinderkreuzug, dessin [pour illustrer le "Récit de la petite Allys"] (p. [130])
Agnès Lhermitte : Cruciada copiilor de Florina Ilis : une "croisade des enfants" roumaine et contemporaine, article (p. [131]-135)
Kate Greenaway : The Pied Piper of Hamelin, dessin [pour illustrer l’œuvre de Robert Browning - daté 1888] (p. [136])
Agatha Salha : Autour de La Croisade des enfants : The Sweet Hereafter, une reprise cinématographique de la Légende du Joueur de flûte de Hamelin, article (p. [137]-147)
DOCUMENTS
(p. [149]-159)
Bruno Fabre : M. Schwob, P. Fort et A. Salmon : autour de la création de la revue Vers et Prose, article [en regard de la première page de l'article, reproduction de la couverture du premier numéro de la revue Vers et Prose (p. [150]) - en annexe : trois lettres inédites de Paul Fort à Marcel Schwob (voir ci-dessous)] (p. [151]-155)
Paul Fort : Trois lettres inédites à Marcel Schwob, lettres [datées "Paris, 30 janvier 1905" (p. 156-157), "1er février, le soir" (p. 157), "Vendredi 17 février 1905" (p. 158) - en regard de la dernière lettre, Paul Fort par Félix Vallotton, bois gravé in Le Livre des masques, vol., 1898 (p. 159) (p. 156-158)
A[gnès]. L[hermitte]., B[runo]. F[abre]. : Glanures [en regard de la première page, reproduction de la couverture de la Bibliographie sur Marcel Schwob (1985-2010) par Bruno Fabre (p. [160]) - Bruno Fabre, L'Art de la biographie dans Vies imaginaires de Marcel Schwob, Paris, Honoré Champion, coll. "Romantisme et modernité" n° 129, 2010 - signé A. L. (p. [160]) ; Bruno Fabre, Bibliographie sur Marcel Schwob (1985-2010), avec quelques études plus anciennes, Paris, Société Marcel Schwob, 2011 - signé A. L. (p. [161]-162) ; Marcel Schwob, Ksiega Monelli, przelozyla Bronislawa Ostrowska, HAPAX Kamil Sobszak, Lodz, 2010 ; Marcel Schwob, A cidade adormecida e outros contos fantasticos, traduit par Camilo Prado, Brésil, ed. Nephelibata, coll. "Nimbus", 2011 - signé A. L. (p. 162) ; Jean-Paul Morel, "Bataille autour du 'latin de cuisine', Gourmont - Schwob - Huysmans : une surenchère d'érudition", Nouvelle imprimerie gourmontienne, n° 2, CARGO, automne 2011 - signé A. L. (p. 162-163) ; Denis Delaplace, Le Jargon des Coquillars à Dijon au milieu du XVe siècle selon Marcel Schwob (1892), Paris, Classiques Garnier, coll. "Classiques de l'argot et du jargon", 2011 - signé A. L. (p. 163) ; Pierre Jourde, "Marcel Schwob : l'amour du singulier", in Littérature monstre, Études sur la modernité littéraire, Paris, L'Esprit des Péninsules, 2008 ; Claude-Pierre Pérez, "Les Belles images (Schwob)", in Les Infortunes de l'imagination, Aventures et avatars d'un personnage conceptuel de Baudelaire aux postmodernes, Presses Universitaires de Vincennes, coll. "L'Imaginaire du texte", 2010 - signé B. F. (p. 163) ; Agathe Salha, "Magies antiques de Marcel Schwob", in Le Romanesque et l'Historique, Marge et écriture, dir. D. Peyrache-Leborgne et A. Peyronie, Nantes, Ed. Cécile Defaut, coll. "Horizons comparatistes", 2010 ; Agnès Lhermitte, "Les signes d'infamie dans les contes de Marcel Schwob", in Eidôlon, n° 92, "La souillure", études pluridisciplinaires réunies et présentées par Danielle Bohler, Presses Universitaires de Bordeaux, 2011 - signé B. F. (p. 164) ; Patrice Allain, "Marcel Schwob, arpenteur des coins d'humanité excentrique", in Balade en Loire-Atlantique, coll. "Sur les pas des écrivains", préface de Michel Chaillou, Paris, éd. Alexandrines, 2009 - signé B. F. (p. 164-165) ; Mariana Baizan, La Croisade des enfants, album illustré (en cours d'achèvement) - signé B. F. (p. 165) ; Bertrand Vibert, Poète, même en prose - Le recueil de contes symbolistes 1890-1900, Presses Universitaires de Vincennes, coll. "L'imaginaire du texte", 2010 - signé A. L. (p. 165) ; Émilie Yaouanq, L'indétermination générique dans la prose poétique du symbolisme et du modernisme (domaines francophone et hispanophone, 1885-1914), Thèse de Littérature française et comparée, dir. Jean-Louis Backès, Université Paris IV, soutenue le 20 janvier 2011 - signé A. L. (p. 166) ; Gisèle Vanhese, "Un sens à la fois précis et multiple", un "Un livre d'art fantastique et vagabond", Gaspard de la nuit d'Aloysius Bertrand, sous la direction d'André Guyaux, Paris, Classiques Garnier, coll. "Rencontres", 2010 - signé A. L. (p. 166-167) - Guillaume Apollinaire, Flaneur in Paris, Berlin, Friedenauer Presse, 2011. Traduction du français et postface de Gernot Krämer - signé A. L. (p. 167)], comptes rendus (p. [160]-167)
Fronius : Der Kinderkreuzzug, dessin [pour illustrer le "Récit de François Longuejoue, clerc" - daté 1966] (p. [168])
*** : Table des Matières (p. [170]-[171])
Document
"Éditorial"
Je rêvais croisades...
A. RIMBAUD
"Je rêvais croisades [...] : je croyais à tous les enchantements". Rimbaud rêvait aussi d'enfance et d'innocence, de chemins broussailleux et de "bleuités" maritimes, de "grandes sœurs aux yeux pleins de pèlerinages". Il "aurai[t] fait, manant, le voyage de terre sainte(1)". A cette époque, les croisades, et en particulier celle dite "des enfants", commencent à inspirer toutes sortes de créateurs, parmi lesquels le médiéviste-poète Marcel Schwob fait figure de pionnier. Le quatrième numéro de Spicilège, qui poursuit l'exploration de cette efflorescence littéraire et artistique, se présente en diptyque.

Le premier volet complète le numéro précédent en publiant la CORRESPONDANCE croisée et annotée de Marcel Schwob et de Gabriel Pierné, qui permet de suivre l'élaboration de la Légende musicale tout en renseignant sur les activités et les projets de Schwob durant ses trois dernières années. Elle est assortie d'un ARTICLE DU MUSICOLOGUE Cyril Bongers, spécialiste de Pierné et découvreur des lettres à lui adressées par Schwob. Il y fait le point sur la création musicale de La Croisade des enfants, et plus généralement sur la collaboration des deux hommes, qui débute avec le livret musical inédit de la pièce de La Tragique histoire d'Hamlet.

Le second est constitué de multiples RÉSONANCES. Il commence par un panorama de l'exploitation de la légende médiévale par les romanciers et les poètes, les musiciens et les plasticiens, les cinéastes et les vidéastes, les auteurs de bandes dessinées qui, depuis un siècle et demi, ont eux aussi rêvé croisades, à partir des sources historiques, d'une tradition peu à peu vulgarisée ou, pour certains, du texte même de Marcel Schwob, premier porte-voix poétique de la légende. Quelques articles sont consacrés à des cas qui nous ont semblé particulièrement intéressants : le poème de Georges Tornouël (1907), hommage à Schwob et détournement actualisé dans le contexte des grèves ; l'épopée musicale et cinématographique réalisée en 1968 par Heinrich Sutermeister et Roger Burckhardt sur l’œuvre de Schwob ; le gros roman contemporain de la Roumaine Florina Ilis, qui exploite magistralement le substrat médiéval pour radiographier la société actuelle. Agathe Salha s'est également penchée sur The Sweet Hereafter (De beaux lendemains), le film qu'Atom Egoyan a tiré du roman de Russel Banks en multipliant les allusions à la Légende du Joueur de flûte de Hamelin. Elle y met en évidence les concordances profondes entre cette légende et celle de la croisade des enfants. Pour finir un "imagier" fait le tour des diverses illustrations de La Croisade des enfants de Marcel Schwob, des années trente à nos jours, en Europe et en Argentine. Les lectures très différentes qu'elles répercutent témoignent de l'ambiguïté et des différentes strates du texte. On y a joint un commentaire de la couverture d'une édition espagnole étonnamment "schwobienne".

Un DOCUMENT vient compléter nos connaissances sur les dernières années de Marcel Schwob. Bruno Fabre y élucide les rapports que celui-ci a entretenus avec Paul Fort et André Salmon autour de la création de la revue Vers et prose, où furent publiés ses derniers écrits - posthumes -, et donne à lire trois lettres inédites de Paul Fort.

Les GLANURES recensent non seulement la somme bibliographique mise au point par Bruno Fabre et la publication de quelques études spécifiques, mais aussi des traductions qui attestent l'estime dont Schwob jouit à l'étranger. On notera également avec intérêt que plusieurs travaux critiques intègrent les œuvres de Marcel Schwob dans une perspective littéraire plus large. Ce maître de l'imaginaire et du récit poétique trouve et prend ainsi progressivement sa place dans l'histoire de la littérature française.

C'est d'ailleurs à l'écrivain symboliste, et en particulier à l'auteur du Livre de Monelle, que sera consacré en 2012 Spicilège n° 5.
(1) Arthur Rimbaud, Une saison en enfer, "Alchimie du verbe" ; Illuminations, "Enfance I" ; Une saison en enfer, "Mauvais sang".

dimanche 20 octobre 2013

SPICILÈGE (CAHIERS MARCEL SCHWOB) N° 3 - 2010

N° 3 -Novembre 2010
[Date de publication : Novembre 2010 - Couverture : Imprimée en noir sur papier blanc (Titre, Sous-Titre, Numéro, Date, Illustration en noir couvrant le dos) - 2e de couverture : Sous-Titre, Mention de périodicité ("Publication annuelle de la Société Marcel Schwob"), Adresse, Directeurs de la Publication, Comité de rédaction, Correspondants étrangers, Réalisation de la maquette, Vente au numéro, ISSN - 3e de couverture : Société Marcel Schwob (site, Fondation, But, Conseil d’Administration, Adhésion) - 4e de couverture : Suite de l'illustration, signature autographe de Marcel Schwob - Page [1] : muette - Page [2] : muette - Page [3] : Faux-Titre (Titre, Sous-Titre, Numéro, Illustration représentant une main tenant un livre ouvert, Année, Éditeur [Édites par la Société Marcel Schwob], Paris) - Page [4] : Frontispice (Gustave Doré : détail de La Croisade des enfants in Histoire des croisades, 1877) - Page [13] : muette - Page [39] : muette - Page [45] : muette - Page [51] : muette - Page [59] : muette - Page [116] : muette - Page [132] : muette - Page [146] : muette - Page [167] : Page promotionnelle pour Retours à Marcel Schwob / D'un siècle à l'autre (1905-2005) sous la direction de Christian Berg, Alexandre Gefen, Monique Jutrin et Agnès Lhermitte (publié aux PUR) - Page [170] : Achevé d'imprimer, imprimeur - Pagination : 170 pages]
Sommaire
Gustave Doré : La croisade des enfants (détail), frontispice [in Histoire des croisades, 1877] (p. [4])
Agnès Lhermitte : Éditorial, article [en épigraphe, citation de Pascal Quignard : "Toujours une voix perdue, un vide, une sécession sociale, un hiver, une invisibilité, une énigme, sont à la source de la littérature."] (p. [5]-6)
DOSSIER LA CROISADE DES ENFANTS
(p. [7]-[116])
Bruno Fabre : Propos d'écrivains sur La Croisade des enfants, article [en regard de la première page de l'article, La Cruzada de los niños 1, dessin de Ricardo Godoy, daté "2010"] (p. [9]-12)
Agnès Lhermitte : La Croisade des enfants de Marcel Schwob : les trois états du texte, article [en regard de la première page de l'article, reproduction de la couverture du "Programme de la légende musicale" (1905)] (p. [15]-19)
Marcel Schwob : La Croisade des enfants, livret pour la légende musicale de Gabriel Pierné [en regard de la première page du livret, reproduction de la page de "distribution" du "Programme de la légende musicale" (1905)] (p. [21]-38)
Agnès Lhermitte : La Croisade des enfants : réception critique du livret de Marcel Schwob, article [en regard de la première page de l'article, reproduction de l'argument du "Programme de la légende musicale" (1905)] (p. [41]-44)
Ricardo Godoy : La Cruzada de los niños 2, dessin [daté "2010"] (p. [46])
Paul Acker : "Deux collaborateurs" : Gabriel Pierné et Marcel Schwob, article [Article publié dans L’Écho de Paris le 14 janvier 1905] (p. [47]-50)
Maurice Delcourt : La Croisade des enfants, couverture [de l'édition du Mercure de France, 1896] (p. [52])
Michel Suffran : L'ivre de livres, article [en épigraphe, citation de La Bibliothèque, la nuit d'Alberto Manguel : "La vérité, c'est que je ne peux me rappeler un temps où je ne vivais pas entouré de ma bibliothèque." - daté "Juin 2010"] (p. [53]-58)
Maurice Delcourt : La Croisade des enfants, couverture (détail) [de l'édition du Mercure de France, 1896] (p. [60])
Michel Suffran : La Croisade des enfants, récit radiophonique [d'après l’œuvre de Marcel Schwob / Musique originale de Serge Nigg / Réalisation Alain Trutat / Noël 1959 - en épigraphe, citations du Livre de Monelle de Marcel Schwob : "Alors dans la triste nuit, j'aperçus des enfants candides qui pleuraient, n'ayant pas encore perdu la mémoire." ; et d'Alain-Fournier : "... la Voix merveilleuse qui appelle." - en note : "Nous donnons la transcription de ce texte inédit en conservant les particularités poétiques et graphiques du tapuscrit original."] (p. [61]-101)
Maurice Delcourt : La Croisade des enfants, couverture (détail) [de l'édition du Mercure de France, 1896] (p. [102])
Agnès Lhermitte : La Croisade des enfants de Michel Suffran : un rêve ardent et mélancolique, article (p. [103]-107)
Ricardo Godoy : La Cruzada de los niños 3, dessin [daté "2010"] (p. [108])
Bruno Fabre : Bibliographie sur La Croisade des enfants, bibliographie (p. [109]-115)
RÉSONANCES
(p. [117]-132)
Gilles Dumoulin : Martin Moulin, photographie (p. [118])
Agnès Lhermitte, Martin Moulin : Paroles de musicien : entretien avec Martin Moulin, entretien [daté "janvier 2009" -  en annexe (p. 125-126) : "Auteurs ayant inspiré les créations de Martin Moulin (par ordre chronologique)"] (p. [119]-126)
Martin Moulin : Extrait de la partition de "Or", partition (p. 127-131)
DOCUMENTS
(p. [133]-146)
Ricardo Godoy : La Cruzada de los niños 4, dessin [daté "2010"] (p. [134])
Bruno Fabre : Un projet inédit et inconnu de Marcel Schwob : "Merlin Coccaïe", article (p. [135]-139)
Marcel Schwob : Merlin Coccaïe, projet [reproduction des trois pages du manuscrit et leur transcription en regard] (p. 140-145)
CORRESPONDANCE
(p. [147]-161)
*** : Paul Hervieu, portrait (p. [148])
Bruno Fabre : Marcel Schwob et Paul Hervieu : correspondance inédite avec une lettre de Paul Hervieu à Ferdinand Brunetière, article (p. [149]-151)
Paul Hervieu, Marcel Schwob : Correspondance [18 lettres échangées entre le 25 août 1892 et le 22 février 1900] (p. 151-161)
Ricardo Godoy : La Cruzada de los niños 5, dessin [daté "2010"] (p. [162])
A[gnès]. L[hermitte]., B[runo]. F[abre]. : Glanures [Marcel Schwob, Maua, conte inédit présenté par Sylvain Goudemare, Paris, éditions de La Table Ronde, 2009 - signé A. L. (p. [163]-164) ; Écrivains fin-de-siècle, éd. de Marie-Claire Bancquart, Gallimard, folio classique, 2010 - signé B. F. (p. 164) ; Mara Errico, Robert Louis Stevenson e la cultura francese - L'amicizia letteraria con Marcel Schwob, Florence, MEF Firenze Atheneum, Collezione Oxenford, 2010 - signé A. L. (p. 164-165) ; Raj Shah, "L'effroi du masque" : masks, identity and death in three works by Jean Lorrain, Marcel Schwob and Gaston Leroux, University of Cambridge, Faculty of Modern and Medieval Languages, Tripos Part II, 2009 - signé A. L. (p. 165) ; Dictionnaire Octave Mirbeau, direction Yannick Lemarié et Pierre Michel - signé B. F. (p. 165) ; Amer, revue finissante, dir. Ian Geay, Les âmes d'Atala éditions - signé B. F. (p. 165-166)], comptes rendus (p. [163]-166)
*** : Table des Matières (p. [168]-[169])
Document
"Éditorial"
Toujours une voix perdue, un vide, une sécession sociale, un hiver,
une invisibilité, une énigme, sont à la source de la littérature.
Pascal QUIGNARD.
En 1896, la même année que Vies imaginaires, Marcel Schwob fit paraître La Croisade des enfants, un opuscule d'inspiration historique qui passa presque inaperçu mais se révéla vite étonnamment fécond. Cet épisode de l'histoire médiévale, le plus singulier et le plus fascinant peut-être de la geste sacrée des croisades, avait jusqu'alors été très peu et faiblement traité par les écrivains français. Le travail original de Schwob, compositeur et styliste, allait lui donner ses lettres de noblesse littéraires ; les commentaires d'écrivains recueillis en tête du dossier en sont la preuve. Cependant, mieux que ces éloges, mieux surtout que les discours savants sur la modernité narrative, les voix du récit ou le traitement subtil du temps, les œuvres inspirées par La Croisade des enfants de 1896 témoignent de la puissance poétique de ce texte. Nul ne s'étonnera que sa polyphonie incantatoire, qui (re) donnait voix à des fantômes issus des strates profondes de la mémoire et de l'imaginaire, ait suscité d'abord des adaptations musicales.

Le DOSSIER évoque tout d'abord la première et la plus célèbre de ces adaptations lyriques : la "légende musicale" composée par Gabriel Pierné assura dès 1905 la notoriété de l’œuvre, rapidement diffusée dans le monde entier. Mais de quelle œuvre s'agissait-il ? En effet, si le livret a été rédigé, à la demande de Pierné, par Marcel Schwob lui-même, il diffère sensiblement de la version de 1896. Après avoir analysé les étapes de cette réécriture, nous donnons ici le livret complet de cette nouvelle Croisade des enfants, puis une synthèse sur sa réception critique, avant de reproduire l'article très complet rédigé par Paul Acker en 1905. Le second volet du dossier est consacré à une adaptation plus récente quoique sans doute plus fidèle : la pièce radiophonique réalisée en 1959 par Michel Suffran avec une musique de Serge Nigg. Nous reproduisons in extenso la magnifique récriture opérée par l'écrivain à partir du texte originel de Schwob. Elle est assortie d'un texte inédit de Michel Suffran sur Marcel Schwob ainsi que d'un bref commentaire littéraire. Le dossier se termine par une BIBLIOGRAPHIE des éditions et des traductions de La Croisade des enfants de Marcel Schwob. Comme dans les numéros précédents, certaines ILLUSTRATIONS sont dues au crayon de notre ami Ricardo Godoy, qui nous livre ici ses visions de La Croisade des enfants.

En RÉSONANCE, nous présentons brièvement l’œuvre qu'un musicien contemporain, Martin Moulin, a créée à partir des contes de Marcel Schwob. Bien loin d'illustrer les récits, ce lecteur sensible enracine ses compositions dans les arcanes de l'écriture schwobienne et lui offre des prolongements radicalement originaux.

Un DOCUMENT INÉDIT vient rappeler que Marcel Schwob était sollicité comme librettiste. Le manuscrit de Merlino Coccaïe, proposé vainement à Gabriel Pierné, concentre les thèmes favoris de Schwob autour d'un personnage de poète mauvais garçon qui avait fasciné déjà Rabelais et Nerval.

Une découverte récente était l'occasion de publier la CORRESPONDANCE CROISÉE de Marcel Schwob et Paul Hervieu. Elle est enrichie d'un commentaire qui éclaire la relation entre les deux hommes de lettres.

Quelques GLANURES donnent un aperçu de ce qui s'écrit sur et autour de l’œuvre de Marcel Schwob.

Le rayonnement de La Croisade des enfants ne s'arrêtant pas aux oeuvres envisagées dans ce numéro, la prochaine livraison de Spicilège sera consacrée à l'étude de la postérité littéraire, picturale, musicale et cinématographique de cet ouvrage. Il comprendra également la publication et le commentaire de la correspondance croisée de Marcel Schwob et Gabriel Pierné.